L’ESC a publié son nouvel atlas des maladies cardiovasculaires

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L’ESC a publié son nouvel atlas des maladies cardiovasculaires

ESC

https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehag345/8678875?login=false

 

Ce document majeur rassemble de nombreuses données de santé publique en cardiologie. Il est difficile d’en résumer toute la richesse en quelques lignes. On peut toutefois en retenir les principaux enseignements suivants :

 

Épidémiologie des maladies cardiovasculaires :

  1. Première cause de mortalité : les maladies cardiovasculaires demeurent la principale cause de décès dans les pays membres de l’ESC. Elles représentent 39 % des décès chez les femmes et 34 % chez les hommes.

  2. Inégalités persistantes : les taux de mortalité standardisés selon l’âge sont environ deux fois plus élevés dans les pays à revenu intermédiaire que dans les pays à revenu élevé.

  3. Vieillissement démographique : la part des personnes de 65 ans et plus a doublé entre 1970 et 2023 pour atteindre 18,9 % dans les pays membres de l’ESC.

  4. Facteurs de risque majeurs : l’obésité, le diabète, l’hypertension, le tabagisme, la pollution de l’air et les températures extrêmes restent des déterminants importants des maladies cardiovasculaires.

  5. Évolution récente : l’incidence des maladies cardiovasculaires a reculé de 25 % entre 1990 et 2023, mais la progression de l’obésité et du diabète pourrait freiner cette amélioration.

 

Prise en charge des maladies cardiovasculaires :

  1. Ressources humaines : le nombre de cardiologues varie fortement d’un pays à l’autre, avec une représentation féminine encore insuffisante (40,1 % en moyenne).

  2. Interventions : les taux d’angiographie coronarienne, d’interventions coronariennes percutanées (ICP) et de procédures valvulaires sont plus élevés dans les pays à revenu élevé. Les pays à revenu intermédiaire enregistrent toutefois une hausse rapide des ICP primaires.

  3. Chirurgie cardiaque : les pontages coronariens sont plus fréquents dans les pays à revenu intermédiaire, tandis que les interventions valvulaires et les technologies de pointe, comme les dispositifs d’assistance ventriculaire gauche (LVAD) ou la transplantation cardiaque, restent surtout concentrées dans les pays à revenu élevé.

  4. Cardiopathies congénitales : les interventions pour les pathologies cardiaques structurelles de l’enfant sont plus fréquentes dans les pays à revenu élevé.

 

Défis et priorités :

  1. Des inégalités durables : les écarts d’accès aux soins cardiovasculaires avancés entre pays à revenu élevé et intermédiaire appellent des investissements ciblés.

  2. Vieillissement et maladies métaboliques : le vieillissement de la population, associé à la hausse de l’obésité et du diabète, risque de ralentir les progrès réalisés contre la mortalité cardiovasculaire.

  3. Une réponse coordonnée : des politiques fondées sur des données probantes sont nécessaires pour réduire durablement le poids des maladies cardiovasculaires, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire.