Accès aux soins primaires en cardiologie
L'accès aux soins reste une préoccupation majeure pour les Français, avec des inégalités territoriales marquées. La Fondation Jean Jaurès a effectué un bilan de l’accès aux soins primaires. Cette Étude est basée sur les données de Doctolib et une enquête auprès de 8 000 patients en 2025.
La cardiologie est la spécialité où l’accès primaire aux soins est le plus dégradée.
Le délai d’obtention d’une consultation est de 42 jours. Ce niveau élevé confirme une tension structurelle persistante, en cohérence avec les travaux récents montrant une progression des délais depuis 2020.
5 % des rendez-vous seulement sont obtenus en moins de 24 heures et 8 % en moins de 48 heures ce qui montre la difficulté d’adressage pour consultation semi urgente, acceptable dans certaines spécialités mais aux conséquences potentiellement graves en cardiologie.
La file active annuelle atteint 1 675 patients par praticien, contre 1 667 en 2023. Cette quasi-stabilité indique que les capacités individuelles de suivi sont proches de leurs limites.
Répartition inhomogène sur le territoire : Les délais les plus élevés se concentrent en Occitanie et dans la vallée du Rhône méridionale (Gers :164 jours ; Ariège : 100 jours ; Aude : 96 jours ; Lot : 90 jours ; Drôme : 3 jours ; Ardèche : 67 jours), formant un arc continu du piémont pyrénéen au sud du Massif central. Des tensions fortes s’observent également en Normandie (Manche, 130 jours) et dans le Nord-Est (Meuse : 52 jours ; Moselle : 50 jours). À l’inverse, l’Île-de-France conserve les délais les plus courts (Paris : 16 jours ; Seine-Saint-Denis : 21 jours ; Hauts-de-Seine :22 jours), de même que quelques départements isolés (Saône-et-Loire et Calvados : 28 jours).
Dans une spécialité où les maladies cardiovasculaires constituent la deuxième cause de mortalité en France, l’ampleur des écarts territoriaux pose un enjeu direct d’égalité d’accès au diagnostic et au suivi. L’écart de 1 à 10 entre Paris (16 jours) et le Gers (164 jours) illustre une fracture qui ne pourra être résorbée par les seuls gains démographiques, et qu’appelle des réponses organisationnelles adaptées aux territoires les plus déficitaires.